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lundi 5 janvier 2015

QUESTCEQUETUDEVIENS ?

Pièce d’Aurélien Bory pour Stéphanie Fuster au Grand T du 6 au 9 janvier, en partenariat avec Onyx

Portrait dansé de femme #1

Sous sa robe rouge de beauté andalouse elle apparaît, incarnation parfaite de nos fantasmes de flamenco. Les doigts qui glissent sur les cordes et frappent la guitare, la voix rauque qui s’élève… Tout est là et pourtant… Délaissant les facilités du folklore, Aurélien Bory conduit la danseuse, époustouflante de maîtrise, à explorer les chemins secrets de sa passion pour le flamenco. Née à Toulouse, Stéphanie Fuster est partie à Séville et a consacré huit années de sa vie à apprendre son art auprès des maîtres. Elle danse aujourd’hui entourée du guitariste José Sanchez et d’Alberto Garcia, l’une des plus grandes voix flamenca en France, dans un espace étrange, dessiné pour elle par Aurélien Bory. Premier du genre avant Plexus, composé pour Kaori Ito, ce portrait de femme, subtile réflexion sur un parcours intime, résonne pour nous de manière universelle. Et vous, que devenez-vous ?

« QU’EST-CE-QUE TU DEVIENS ? »

Cette question est banale et terrifiante à la fois. Elle dit que le temps a passé, que des changements sont survenus. Elle questionne les choix, impose un bilan immédiat. Elle fige le devenir, qui est par nature un mouvement. Elle est une manifestation d’intérêt pour la personne à laquelle elle s’adresse, d’amour même, et peut être tout aussi bien une manifestation de désintérêt ou de désamour. Elle contient le désespoir de « Qu’es-tu devenu ? » alors que le devenir est pourtant précédé de l’espérance. Elle incite à raconter le connu, le déjà devenu, alors que le devenir nous projette en avant, dans l’inconnu même. Au fond, il est très difficile de répondre à une telle question.

"J’ai rencontré Stéphanie Fuster à Toulouse, avant qu’elle ne parte à Séville en immersion complète dans le Flamenco. J’avais été touché par sa sensibilité particulière, sa personnalité étonnante, la radicalité de son choix : tout abandonner pour ne se consacrer qu’à ça. Elle est restée là-bas huit ans à apprendre pour devenir répétitrice, puis danseuse auprès des plus grands. Elle est revenue avec sa danse et m’a demandé de lui écrire un spectacle. J’ai d’abord pensé que cela ne correspondait pas aux axes de mon travail, qui tourne principalement autour de la question de l’espace. Je me suis ravisé. Il y avait bien sûr un décalage. Mais ce décalage était aussi présent dans son parcours ; elle qui décide de se confronter à un art adossé à une autre culture, elle qui porte le statut d’intruse dans une discipline connotée. J’ai réalisé peu à peu que c’était son portrait que je voulais faire. Un portait scénique. Imaginer l’espace sur scène qui est celui de son parcours extérieur, et imaginer sa danse, qui est celle de son parcours intérieur, émotionnel. Le flamenco est bien là, avec la guitare de José Sanchez, et le chant d’Alberto Garcia, mais dans un contexte autre, celui d’une femme qui se cherche, qui s’émancipe, qui vit, qui meurt." Aurélien Bory